Nos vies s'agrippent par les pieds aux balançoires du temps suspendues à l'éternité par des corolles de lys

 

Ne pas cueillir la florescence palpable de la félicité, dans la lumière inéclairante d'une durée atemporelle.

Le temps chronophage est un labyrinthe, le Minotaure est son horloge. Thésée combat. Son fil d'Ariane ? L'indicible du poème.

Quitter l'écueil du temps chronophage

Cueillir l'instant futur à l'ombre des papillons diaphanes du temps.

Le temps s'ouvre à son tour pour laisser toute la place à la paix Vague murmurante et chaude en mouvement fixe Rien ne s'altère en elle

La nostalgie ouvrit l'avenir Le passé nous quitta tout en s'emmarbrant doucement dans nos songes Et les souvenirs se bonifièrent comme le vin

Le mystère du sablier élimine tout autre mystère.

Se sentir poème un instant hors du temps "Par la nature, - heureux comme avec une femme". Se sèment en nous des vies inimaginables.

Au sein même du temps, et au-delà, trouver les anfractuosités d'où jaillit la durée pure et indemne. Promesses de joies.

Les blancheurs du temps les remplissaient de solitudes. L'azur familier les rassembla sur les vertes avenues libres de l'avenir.

J'aime les danseurs de corde qui volent de rêves en rêves, entre les réalités à venir Futuresques véridiques, ne tombez pas dans l'antre

La rose rit encore d'avoir vu le poète pleurer sur la brièveté de la vie.

Puissé-je fouler des sentes hors du temps, frayer une terre que nul pied d'homme n'a foulée. Marcher sans empreinte, sans trace ni route.

Que la joie hors du temps fertilise chaque instant futur ! Qu'elle ouvre de vertes avenues d'un avenir fleuri !

A l'ombre azurée des ailes diaphanes de papillons, couler hors du temps. Une fluence insoupçonnée éloignera des apparences chatoyantes.

Des temps disloqués balaient les souvenirs, une durée purifiée et purifiante les ramassent, nous en rassasie, maintenant et demain.

Splendide, vaillante, une durée sans soubresauts ; remède à des temps éclatés. Elle abolit dans son flux de grossières nécessités.

Une nuit préparera un avenir. Elle sera une possibilité de lumière, de dons, de vie. Sans nuit pas de vie lumineuse et sereine.

Ressusciter les ruines du souvenir pour rebâtir l'avenir.

Des instants passésprésentsfuturs partes intra partes, hors de tout espace, dans un flux unique. La si joyeuse et si rare Durée.

Comment esquiver le temps chronophage ? Sculpter l'eau vive d'une source, "accrochant follement aux herbes des haillons d'argent".

Au sein même du temps, et ailleurs, trouver les anfractuosités d'où jaillit la durée pure et indemne. Promesses de sérénité.

Ensevelir les montres dans les sables du temps. Salut de la durée.

Sablier :

- Le passé est écoulé, le présent est un mince chemin de l'écoulement vers le futur vide qui se remplit de mille grains possibles.

- Le sablier suspend la chronophagie du temps. Le temps s'écoule sans mourir dans une naissance et une mort permanentes et enchevêtrées. Durée

- Dans le sablier, passé, présent et futur sont harmonieux, sans discontinuité, s'offrent mutuellement les uns aux autres.

- Le temps du sablier est l'image d'une harmonie du vide et du plein, du passé et du futur. Le sablier est l'image du temps non chronophage.

- Le temps du sablier n'est pas celui de l'horloge ou de la montre. Le temps du sablier se vide pour remplir, disparaît pour donner à nouveau.

 

Le poème de l'aube estompera-t-il les lacis gelés du temps ?

Même ancien, même déjà dit, Le poème épanouit les fruits mûrs de l'avenir. En lui le décèlement.

 

« La vie est là, tout en heures d'amour;

C'est un chant d'amour que dit l'univers ». Novalis