D'où venait mon anti-matérialisme ?

    Ce n'était pas tant le concept de matière comme unique composant de l'univers, sans autre réalité, qui me déplaisait. Déplaisait, en effet, car il n'y avait là enfin de compte non pas une réfutation élaborée du monisme matérialiste mais une incompatibilité bien plus sensible. Le concept de matière ne pouvait que me déplaire car je le ressentais de manière strictement minérale, comme l'Etre de Parménide, dense, sans vie, sans vide, ou plein de matière comme le rocher que l'on heurte.

   Mais dès lors que mes perceptions se fluidifièrent et que je ressentis l'écoulement, ou l'enflammement, qui ne sont pas dégénrescence, corruption, déliquescence..., et dès lors que se manifesta le présent comme "pur jaillissement" qui est et qui n'est pas, et le feu comme apparition métaphorique de ce qui vit, l'idée même de matière disparut.

   πῦρ

   feu toujours vivant