Croire en son savoir, croire qu'une vérité est définitive, croire qu'il existe une vérité absolue, etc., relèvent d'une aveuglante ignorance.

Des "créationnistes" ne peuvent imaginer l'univers sans commencement, et s'affirment certains de le prouver.

Des "éternistes" ne peuvent imaginer l'univers que sans commencement, et s'affirment certains de le prouver.

Les uns ou les autres imaginent une fin à l'univers, ou bien l'absence de fin. Un univers sans commencement ni fin ? Comme le Dieu de la théologie. Un univers avec un commencement et une fin ? Comme les êtres vivants, plantes, arbres, insectes, fleurs, fruits, poux, ânesses, grenouilles, etc.

Mais tous les raisonnements peuvent conclure à l'une ou à l'autre thèse et les raisonnements les moins inutiles seront ceux qui nous feront conclure à l'inutilité de telles affirmations. La musique de la naissance de l'univers m'est aussi agréable à imaginer que celle du silence de son éternité. Dans les deux cas je poétise; et j'imagine encore toutes sortes de configurations bigarrées. Et d'ailleurs je ne sais rien de l'univers, hormis des bribes de ce qu'en disent des scientifiques. Pourquoi leur donnerais-je plus de crédit qu'aux savants d'il y a quatre ou cinq siècles ? - Car ceux d'aujourd'hui ont réfuté les précédents. - Mais que feront ceux de demain ?

Croire que son savoir est fondé et pérenne est une ignorance aveuglante, et ne peut être un savoir. Nous n'avançons que de conjectures en conjectures et il n'y a ni attristement ni réjouissance là-dedans. Savoir se détacher des conjectures libère.